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ÉTIQUETTE ET COUTUMES ALIMENTAIRES
Au Japon, les coutumes liées aux repas sont régies
par de nombreuses règles très strictes qui,
pour la plupart, diffèrent de celles des pays occidentaux
ou même des pays voisins. La première d'entre
elles consiste à retirer ses chaussures pour s'asseoir
de façon traditionnelle. Si vous savez manier les baguettes,
les Japonais, souvent persuadés qu'aucun étranger
ne sait en faire usage, seront définitivement impressionnés.
COMMENT S'ASSEOIR
Beaucoup
de restaurants japonais offrent des tables et des chaises
à l'occidentale. Mais le traditionnel zashiki, estrade
de bois recouverte de tatamis, et la table basse autour de
laquelle les convives s'installent sur des coussins (zabuton)
après avoir retiré leurs chaussures sont courants.
Assises sur leurs talons (seiza), les femmes en robe ou jupe
peuvent aussi replier leurs jambes sur le côté.
Les hommes, eux, les croisent, l'exception des moments officiels
où ils doivent également prendre la position
seiza. Certains zashiki possèdent des espaces aménagés
pour les jambes des convives, un avantage pour ceux qui trouvent
inconfortable de rester assis par terre, ou des chaises avec
dossiers mais sans pieds. Lorsque vous aurez le choix, sachez
que le comptoir est considéré comme une très
bonne place, tout particulièrement dans les restaurants
sushi où le gastronome peut voir son plat préparé
par des chefs à l'habileté confirmée
par des années de pratique.
COMMENT COMMANDER
Dans les lieux fréquentés par les étrangers,
il arrive que le menu généralement divisé
catégories correspondant à la nature de la cuisine
: grillée, mijotée etc., comporte une traduction
anglaise. Si aucun menu n'est affiché, voici quelques
directives pour commander à la carte. Précisez
tout d'abord votre boisson et le choix de vos sashimi. En
cas d'hésitation, vous pouvez réclamer un moriawase
c'est-à-dire un assortiment de poissons ou demander
au cuisinier de décider pour vous, après lui
avoir fait connaître votre budget (une fourchette entre
3 000 et 5 000 yens par personne est raisonnable). La coutume
consiste à commencer par trois ou quatre plats. La
formule classique pour attirer l'attention est : « sumimasen
! » qui signifie « exusez-moi ! ».
FORMULES DE POLITESSE ET TOASTS
Avant le repas, il est fréquent d'entendre itadakimass
(équivalent de notre « bon appétit »)
et à la fin, « gochisosama desh'ta » («
nous avons fait bonne chère » ). Concernant les
boissons, l'étiquette réclame que l'on ne se
serve pas soi-même, mais les uns les autres, en tenant
son verre d'une main. Pour porter un toast (kanpai), il est
d'usage de trinquer (pour la bière et le whisky), en
revanche le verre de saké doit être simplement
levé.
L'OSHIBORI
Dans la plupart des restaurants un oshibori, petite serviette
de coton ou de papier humidifiée, est offert en début
du repas pour se nettoyer les mains (jamais le visage ni le
cou). II est ensuite déposé sur la table et
utilisé avec discrétion pour s'essuver les doigts.
II est courant de glisser son mouchoir sur ses genoux en guise
de serviette. En revanche, vous ne devez pas utiliser l'oshibori
pour vous moucher, il est d'ailleurs très mal vu de
se moucher en public.
COMMENT UTILISER LES BAGUETTES
Plus courtes et effilées que les baguettes chinoises,
les baguettes japonaises (hashi) ont une extrémité
pointue. Leur usage est largement répandu et il est
rare de trouver des couteaux et des fourchettes, sauf dans
les restaurants occidentaux ou, parfois, pour déguster
des plats « étrangers » comme le kare raisu
(riz au curry). II est important de respecter les règles
d'utilisation des baguettes : ne piquez jamais la nourriture
avec l'une d’elles et ne faites pas passer directement
la nourriture de votre bol à votre bouche, une pratique
courante en Chine. Évitez également de passer
un aliment de baguette à baguette, et de planter ces
dernières dans le riz, ces deux gestes étant
associés à des rites funéraires. Vous
ne les utiliserez pas non plus pour désigner quelque
chose ou quelqu'un, ni pour prendre ou pousser un objet sur
la table En revanche, vous pouvez couper un morceau récalcitrant
en le maintenant avec la baguette inférieure, la supérieure
servant à trancher. Enfin, lorsque vous ne les utilisez
pas, posez-les côte à côte, jamais croisées,
sur le repose-baguettes (hashi-oki) ou si celui-ci n'est pas
fourni, sur le plat le plus bas, parallèlement au rebord
de la table.
COMMENT TENIR LES BAGUETTES
L'erreur habituelle est de tenir les baguettes trop près
de leur extrémité (plutôt qu'aux deux-tiers),
ce qui atténue la prise, et trop serré, ce qui
peut finir par provoquer des crampes (avec le risque de lâcher
la nourriture). La baguette inférieure doit rester
au creux du majeur et du pouce qui contrôle, avec l'index,
le mouvement de la baguette supérieure. Notez que les
baguettes (bashi) et la technique sont différentes
de celles utilisées en Chine.
LA VAISSELLE
Il existe au Japon un florilège de vaisselle de toutes
formes et de tous matériaux, aussi différents
que la porcelaine, le laque, le bois et parfois même
le bambou. Lors d'un repas, il arrive qu'un convive en reçoive
jusqu'à douze éléments. Lorsque plusieurs
plats sont apportés simultanément, vous pouvez
vous servir à votre gré, aucune règle
n'exigeant de respecter un ordre particulier, y compris pour
les soupes. Beaucoup de bols et d'assiettes sont conçus
pour être maintenus à hauteur de poitrine et
faciliter, ainsi, le chemin de la nourriture à la bouche.
Il est préférable d'éviter de baisser
la tête pour la saisir. En revanche, rien ne vous interdit
de boire votre soupe à même le bol. Pour les
plats communs, utilisez vos baguettes ou une cuillère,
si celle-ci est fournie, pour déposer les morceaux
que vous aurez choisis dans le koraza, un récipient
comparable à un saucier. Sachez qu'il n'est pas choquant
de goûter un aliment puis de le reposer dans le koraza
pour le terminer ensuite.
COMMENT MANGER LE RIZ
Le riz japonais est légèrement collant et épais.
Les Japonais, qui le traitent avec respect, n'ont jamais le
sentiment d'avoir véritablement mangé avant
d'en avoir consommé, et ce quelle que soit sa forme.
Lors d'un repas à plusieurs plats, le riz est toujours
servi dans un bol séparé. Le saké, vin
de riz, étant considéré comme un dérivé
trop proche, n'est jamais bu en même temps. Si vous
buvez de l'alcool, gardez votre riz que vous mangerez à
la fin du repas avec des miso et des pickles. Ne l'utilisez
pas pour éponger votre assiette (même s'il s'agit
de sauce de soja). Ce geste, souvent accepté ailleurs,
risque d'être mal considéré au Japon,
la seule exception à cette règle concernant
les plats uniques dans lesquels viande et légumes recouvrent
le riz, servi dans un bol profond.
HABITUDES CULINAIRES SAISONNIÈRES
Au Japon, les saisons influent de façon très
nette sur les habitudes culinaires. Ainsi, la température
de la nourriture étant censée réguler
celle du corps, thé et saké sont consommés
chaud l'hiver et froid l'été. De la même
façon, les nouilles froides sont appréciées
durant la belle saison alors que le nabemono (ragoût)
et les tempura sont consommés avec délice en
hiver. Certains restaurants spécialisés dans
les poissons saisonniers comme le fugu peuvent servir des
menus totalement différents d'une période de
l'année à l'autre.
ASPIRATION
Vous entendrez les Japonais aspirer bruyamment pour avaler
leurs nouilles, ce qui est accepté et même recommandé
pour ne pas se brûler la bouche. Beaucoup d'étrangers
répugnant à faire ce bruit indélicat
mettent deux fois plus de temps pour manger leur soba.
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