Art et artisanat traditionnels

Au japon, il n'existe pas de distinction rigide entre l'art et l'artisanat. Issus d'une longue histoire et tenus dans une même estime, ils ont été d'abord été influencés par le bouddhisme pour devenir peu à peu, à partir de l'époque médiévale, profanes et décoratifs. Les myriades de techniques qu'ils ont utilisées (venues principalement de Chine et de Corée) se sont modifiées et affinées au fil du temps. Aujourd'hui florissants, ils permettent à des milliers d'artistes et d'artisans - que l'on peut souvent admirer au travail - de vivre de leur art.


CALLIGRAPHIE

Connu sous le nom de shodo, l'art de la calligraphie issu de Chine et introduit au Japon au 5ème siècle avec le système d'écriture chinois, est devenu l'expression de l'accomplissement pour toute personne cultivée. Ses outils traditionnels sont le pinceau, l'encre, la pierre à encre et un petit récipient. L’évolution de styles, au fil des siècles, est principalement dûe aux moines bouddhistes. La calligraphie moderne, quant à elle, a été fortement influencée par l'art occidental minimaliste et abstrait.


PEINTURE

 

La peinture primitive a offert des mandalas religieux et des manuscrits. Au 14ème siècle, le moine zen Senshu participa à l'épanouissement de la peinture à l'encre. Puis l’école Kano fut réputée pour ses paravents, la période Edo pour ses estampes. Aujourd'hui, la peinture moderne s'inspire de sources occidentales et traditionnelles.


CÉRAMIQUES

 

Des céramiques vieilles de 12 000 ans ont été retrouvées au Japon. Le pays vit une éclosion de styles grâce au rôle prédominant de la céramique dans la cérémonie du thé et la cuisine. Kyushu est renommée pour ses porcelaines et ses poterie, Hagi et Inbe pour leurs poteries destinées à la cérémonie du thé, Mashiko lieu de naissance du célèbre potier Hamada Shoji, pour ses poteries traditionnelles.


 


TEXTILES

 

Grâce à ses méthodes de teinture, tissage et décoration manuelle, le Japon propose une gamme impressionnante de textiles. Certaines régions éloignées ont instauré leurs propres techniques, comme à Okinawa, où les fils sont teints avant d'être tissés selon le principe kasuri. À Kanazawa, la pâte fixant la teinture yuzen, généralement végétale, permet de créer des dessins complexes et colorés ; la teinture la plus populaire, l'indigo, ayant été largement remplacée par les produits synthétiques. Aujourd'hui les créateurs, tel Issey Miyake, continuent de jouer audacieusement avec les étoffes.


BOIS, BAMBOU ET LAQUES

Les japonais admirent autant le grain et la couleur du bois que les objets qu'ils fabriquent. Ce matériau est utilisé depuis des siècles pour la construction de bâtiments traditionnels dont les vestiges témoignent du savoir-faire des artisans. Sur une plus petite échelle, il existe d'exquises statues de bois, de la vaisselle, des ustensiles et des poupées traditionnelles. Pour les laques, le bois est recouvert de plusieurs couches de ce produit dérivé de la sève des arbres, puis poli afin d'obtenir une surface lisse et lustrée. Le bambou, solide et flexible, est employé pour les parapluies, les jouets et les paniers.


IKEBANA

L'ikebana, connu sous le nom de kado ou « voie des fleurs », tire ses origines des offrandes florales liées aux premières heures du bouddhisme. Simples, pour la cérémonie du thé, les compositions se sont élaborées à la fin du 19ème siècle. Aujourd'hui il existe environ 3 000 écoles d'ikebana au Japon. L’ikebana peut être disposé dans le tokonoma (niche dans un mur, destinée à recevoir un objet décoratif) d'une maison traditionnelle.